Partager l'article ! I Spit on Your Grave (2011): Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. ...
Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. Elle qui s’attendait à une retraite tranquille, se retrouve violée et torturée par un groupe d’individus complètement tordus qui empestent la cruauté et la perversité. Abusée par chacun d’entre eux, laissée pour morte, elle se livrera à une vengeance sans pitié…
Le rape and revenge est un genre assez spécial dans l’univers du film d’horreur. Rappelons tout de même : une jeune femme est violée par plusieurs agresseurs (phase rape) avant de se venger de ses bourreaux (phase revenge). Souvent présenté comme des films de voyeuristes malsains ou pour personnes dérangées, il n’en demeure pas moins que cela reste de la fiction. I Spit on Your Grave (2011) est le remake d’Œil pour œil de Meir Zarchi (1978), aussi connu sous le nom de Day of the Woman ou encore I Spit on Your Grave. Alors que l’original a été coupé de 17 min. pour échapper à la classification X, cet opus a vu 11 de ses scènes supprimées.
On comprend aisément les coupures étant donné la crudité de certaines scènes. Les scènes de viol (rape) sont suffisamment obscènes – bien que suggérées par rapport à la version de 1978 – pour traumatiser le public féminin. Steven R. Monroe évite toute nudité dans l’intégralité du film et pour autant l’aspect choquant fonctionne. I Spit on Your Grave nous place dans la position de Jennifer, la victime (interprétée par Sarah Butler) et réussit, avec succès, à nous faire partager sa haine et son désir de vengeance. On pourrait cependant adresser un reproche entre la phase rape et la phase revenge : la présence d’une ellipse narrative inopportune. En effet, il aurait pu être intéressant de voir le changement de personnalité de Jennifer entre son viol et son désir de vengeance.
La phase revenge est en revanche plus courte que la première partie mais bien plus violente que l’original. Jennifer se met à exécution et personnalise les mises à mort selon ce que ses agresseurs lui ont fait subir. Le public masculin peut alors frémir lors de deux dernières scènes particulièrement dures. Les tortures sont presque dignes d’un Saw : agresseurs ligotés, mécanismes qui s’enclenchent, etc... Bien qu’assez excessifs parfois (la volonté de plaire à la nouvelle génération adepte de gore ?!), cette nouvelle version d’I Spit on Your Grave joue la carte du châtiment à fond.
On notera également le changement total, bien retranscrit, de perception de la peur chez les protagonistes. Au début de l’histoire, c’est l’ « héroïne » qui craint pour son sort alors que dans la seconde partie, ce sont les « rednecks » qui se font du souci sur leur avenir si le monde venait à apprendre ce qu’ils avaient fait. Enfin, la nouvelle version rajoute un personnage dans les violeurs : le sheriff. Steven R. Monroe a réussit à faire sortir l’ambivalence de sa personnalité. Personnage pervers au possible et violent avec la belle, une fois retourné dans son cocon familial, le sheriff est un père aimant, fou de sa fille. De quoi donner matière à réflexion…
Il est un fait que la nouvelle génération ne sera pas – ou alors peu – choquée par cette œuvre, ayant l’accès à d’autres types de films tout aussi gores, mais il n’en demeure pas moins qu’I Spit on Your Grave (2011) est une réussite en matière de remake.
4,5/6